Le Chemin Rouge

21 juin 2009

Une analyse exhaustive des élections européennes (IV) : l’Italie

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Résultats :

2009

Il Popolo della Libertà (Berlusconi) : 35,3%, 29 députés

Partito Democratico : 26,1%, 22 députés

Lega Nord : 10,2%, 9 députés

Italia dei Valori : 8%, 7 députés

Unione di Centro : 6,5%, 5 députés

Partito dei Comunisti Italiani : 3,4%, aucun député

Sinistra e Libertà : 3,1%, aucun député

2004

L’Ulivo (gauche) : 31,1%, 29 députés

Forza Italia : 20,93%, 16 députés

Alleanza nazionale: 11,49%, 9 députés

Partito della Rifondazione Comunista: 6,1%, 5 députés

UCD : 5,9%, 5 députés

Lega Nord : 4,9%, 4 députés

I Verdi : 2,5%, 2 députés

PdCI : 2,4%, 2 députés

Radicali italiani : 2,2%, 2 députés

IdV : 2,1%, 2 députés

D’autres : 6,4%, 6 députés (partis minoritaires conservateurs, socialistes et d’extrême droite)

Les résultats électoraux n’ont pas été ceux que l’on espérait pour Berlusconi. Il Ducetto a marqué l’objectif de surpasser 45% d’appui pour son parti. Il ne peut obtenir cette chiffre qu’en se joignant à la Ligue du Nord, qui a doublé ses résultats. Son nouveau parti améliore les résultats qui ont obtenu séparément Forza Italia et l’Alliance nationale, mais il perd les appuis des élections générales. S’il y a eu une punition, c’est plutôt une tape, mais Berlusconi a reçu l’avertissement des Italiens, ils ne passent pas sous silence ses scandales et sa politique.

Berlusconi, un expert en analyses électorales, rejette la faute de ses mauvaises résultats sur « son épouse, sur Kaká et sur la jeune Noemi ». Les scandales de sa villa ont une influence, probablement, et son mariage aussi. Mais Kaká… les Italiens aiment beaucoup le football, espérons que cette nouvelle influence politique ne s’étendra pas par tous les pays. L’abstention a été plus petite en Italie que dans les autres pays, dû aussi à la coïncidence des élections provinciales et municipales, mais on peut dire que les résultats reflètent l’état de l’opinion d’une grande majorité des Italiens.

Toutefois, la gauche n’a pas reçu un transvasement de voix de punition. Berlusconi a bénéficié de la mauvaise situation et de la division de la gauche. Le PD a résisté les sondages et il reste avec 26% des voix, au-dessous des résultats des générales et de l’Olivier de 2004. L’Italie des Valeurs croît exponentiellement jusqu’à 8% grâce à la voix mécontente à cause de Berlusconi et du PD.

Les centristes se maintiennent, mais la gauche a perdu ses députés. Les deux coalitions de gauche, les communistes et la coalition des socialistes, des verts et des dissidents du communisme a eu des mauvais résultats. La barrière de 4% entre en jeu pour borner la fragmentation partisane, comme l’on a déjà vu dans les résultats de 2004.

Les deux partis communistes, le PRC et le PdCI, qui ensemble ont eu 8% des voix il y a cinq ans, ils en ont maintenant moins de la moitié, même si les résultats au centre et au sud, de la même façon que l’alliance Gauche et Liberté, sont meilleurs que dans l’ensemble du pays. Cela devrait les encourager pour continuer les travaux de réunification des communistes et la possibilité d’une coalition entre tous eux pour unir les forces est franchir le pourcentage de 4% pour entrer dans le Parlement.

Pour finir, Berlusconi est en train de souffrir les problèmes de la cohésion dans son parti, car il accuse beaucoup de ses coreligionnaires, surtout de l’Alliance nationale, de ne pas l’appuyer lors des élections. Donc, le Peuple de la Liberté pourra souffrir des tensions internes plus aiguës dans le futur. Et plus, si l’on tient compte de son organisation autour de Berlusconi, et qu’arrivera-t-il lorsqu’on devra partir ? Mais il serait désolant pour la gauche s’il faut atteindre pour retourner au pouvoir jusqu'à ce qu’il parte. Il faut ajouter que chaque jour où Berlusconi gouverne, il achemine l’Italie plus vers la fin de la démocratie parlementaire.

Une analyse exhaustive des élections européennes (III) : la France

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Résultats :

2009

UMP : 27,87%, 29 députés

PS : 16,48%, 14 députés

MoDem (centre) : 8,45%, 6 députés

Front de gauche (communistes et ex-socialistes) : 6,47%, 5 députés

FN (Le Pen) : 6,34%, 3 députés

Libertas : 4,8%, 1 député

2004

PS : 28,9%, 31 députés

UMP : 16,64%, 17 députés

UDF (centre) : 11,96%, 11 députés

FN : 9,81%, 7 députés

Les Verts : 7,41%, 6 députés

MPF (traditionnaliste) : 6,67%, 3 députés

PCF : 5,88%, 3 députés

LO-LCR : 2,56%, aucun député

En France, les élections ont été une vraie hécatombe pour le Parti socialiste, qui est été sur le point de rester comme la troisième force. Les grands vainqueurs, d’après la presse française, ne sont pas les conservateurs, on voyait déjà leur victoire, mais les écologistes de Daniel Cohn-Bendit, « Dany le Rouge ». Avec un grand résultat pour une liste écologiste, il a pulvérisé tous les records et a retourné les sondages, qui pronostiquaient une grande montée du Mouvement démocrate de Bayrou aux dépens des socialistes et des conservateurs. Le MoDem s’est effondré, « pour le Modem, c’est terrible », juge Libération.

Ils sont les grands vainqueurs car ils ont été capables de neutraliser la montée, aussi annoncée, du Nouveau Parti anticapitaliste. Il a obtenu la moitié de que qui lui donnaient les sondages et il n’a pas atteint à obtenir aucun député. Le nouveau centre structurant, mais peut-être éphémère, de la gauche passe par les verts, pas par l’extrême gauche. Le Front de gauche a atteint à arrêté l’hémorragie du Parti communiste et à augmenter les appuis, probablement aux dépens du NPA.

Dans la droite, le Front national a perdu la moitié de ses députés, tandis que Libertas, qui regroupe deux partis traditionalistes français, obtient un député et triomphe dans le département de la Vendée (curiosité historique, dans la Vendée il a eu lieu la plus grande rébellion monarchique, traditionaliste, contre la Révolution française). La marque eurosceptique n’a pas été capable de triompher dans son pays natal, l’Irlande, en Espagne non plus, et en France il est dû à l’entrain du Mouvement pour la France, coalisé avec Libertas.

Pour le PS, c’est une punition authentique, la ligne marquée par Martine Aubry n’a convaincu personne. Sans doute, la punition vient surtout des luttes caïnites internes, provoquées par la vieille garde pour empêcher tout pas de Ségolène Royal vers la direction du parti. Ce qui en Espagne étaient les luttes entre les partisans d’Alfonso Guerra, ancien Vice-Président de Gouvernement espagnol avec Felipe González, et les renovadores, section droite du PSOE, n’est rien comparé aux luttes chez le PS français. De l’autre côté, il faut tenir compte du niche électoral socialiste français qui bouge entre 15% et 30%, quand il participe tout seul, il suffit d’aller vérifier les résultats historiques de la SFIO et du PS. Toutefois, la direction du PS devra se demander pourquoi a-t-il obtenu le minimum et pas le maximum, comme il y a cinq ans, mais ils ne peuvent accepter cette réponse. Ils ont eu ce qu’ils méritent.

Si l’on se souvient des dernières élections européennes, on peut vérifier que ces résultats continuent avec son ton général. La droite, jadis coalisé avec l’UDF-RPR, obtenait 30-40% environ. Le PS a obtenu son résultat le plus bas en 1994, avec 14,49%. En 1999, le RPR, le parti de Chirac, a obtenu le troisième lieu, avec 12,82%, au-dessous du PS et du Mouvement pour la France. En 1999, le PCF a obtenu des résultats pareils que maintenant sous la marque du Front de gauche. Aussi, en 1999, la gauche radicale (LO-LCR) a eu 5,18% et 5 députés. Il faut signaler qu’à cette époque il n’y avait pas la même conjointure historique qu’aujourd’hui, mais la gauche radicale a eu des meilleurs résultats de ceux qu’elle a eus lors de ces élections. C’est-à-dire, cette élection peut parfaitement être l’une de plus dans la vaste gamme de résultats électoraux historiques.

Mais cela ne nie pas que le Parti socialiste ait un grand problème interne. Il peut obtenir des meilleurs résultats, il a déjà gagné les élections locales de l’année dernière. Mais il a besoin de quelque chose de plus qu’Aubry, qui n’a pas consolidé son leadership chez le PS. Peut-être, le référent doit être encore Ségolène.

20 juin 2009

La conspiranoïa italienne

Désormais, l’idée de conspiranoïa n’est pas seulement le patrimoine de la droite médiatique espagnole, elle a traversé les frontières et s’est installée à la Villa Certosa berlusconienne : le parti berlusconien accuse les services de sécurité de ne pas protéger le Ducetto, l’ex-président de la République, ce complot est formé pas le gouverneur de la Banque d’Italie, le Parti démocratique, Rupert Murdoch (competence de la Mediaset berlusconienne) et même par le leader centriste démocrate-chrétien, Casini.

Une autre conspiranoïa de plus est celle qui encourage le secrétaire d’État auprès de l’Intérieur, Mantovano. Pour lui, ce sont le Gouvernement d’Espagne et le journal El País qui sont derrière la conspiration.

Il semble que l’idée d’accuser les étrangers des erreurs propres, de leur très mauvaise gestion ou des scandales qui surgissent un peu partout n’est propre de l’Espagne. Il doit être à cause du climat méditerranéen, ou des droites cyniques.

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Un gudari

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On a célébré aujourd’hui les funérailles pour Eduardo Puelles, assassiné vilement par ETA à Arrigorriaga (Pays basque). Le terrorisme fasciste n’a montré que sa faiblesse, celle de l’intérieur et de sa base, qui est chaque fois plus éloignée d’eux. Au contraire que les mots de Basagoiti, Président du PP du Pays basque, « avec chaque sourire d’Otegi il y a un mort par ETA », cela n’est qu’un avertissement des assassins à sa base, pour qu’ils n’osent pas voler librement et décemment.

ETA tue, désormais il y a une famille de plus qui est brisée, une veuve et deux fils sans leur père. C’est dommage que l’unité et la décence ne se montrent que lors des événements tellement tristes. Mais chaque acte d’ETA c’est un pas de plus vers sa fin et un pas chaque fois plus ferme dans l’unité des démocrates.

Je garde la phrase qui a lancé le frère d’Eduardo Puelles, Josu : « mon frère n’est pas une victime du terrorisme, c’est un héros, c’est un gudari ».

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Une analyse exhaustive des élections européennes (II) : le Portugal

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Résultats :

2009

Partido socialista : 26,6%, 7 députés

Partido Social Democrata (droite) : 31,7%, 8 députés

Bloco de Esquerda : 10,7%, 3 députés

Coligação Democrática Unitária (communistes et verts) : 10,6%, 2 députés

Partido Popular : 8,4%, 2 députés

2004

PS : 44,5%, 12 députés

PSD+PP : 33,3%, 9 députés

CDU : 9%, 2 députés

BE : 4,9%, 1 député

Les élections au Portugal, de la même façon que dans le reste des pays, ont été marquées par l’abstention, 64%. Comme dans beaucoup des autres pays, il y a eu une punition pour le Gouvernement. En 2004 gouvernait un exécutif de centre-droit, qui a été puni. En 2009 le Gouvernement socialiste, qui dispose de la majorité absolue, a été durement puni.

La division en deux listes de la droite, qui finissent par confluer dans le PPE, a borné un grand élan du parti principal de l’opposition, le social-démocrate. La punition du gouvernement a déplacé la voix vers la gauche. La CDU, qui regroupe le PCP et Les Verts, a amélioré légèrement ses résultats, mais il a été déplacé vers le troisième lieu par le Bloco de Esquerda (Bloc de gauche), qui a doublé ses résultats d’il y a cinq ans. Le BE c’est le parti à gauche du communisme traditionnel qui a si bons résultats, en surpassant le NPA français.

Qu’arrivera-t-il lors des législatives ? Il faut accepter que les élections aient été une réponse nationale aux Gouvernements respectifs. À la fin de l’année il y aura des élections législatives. Le PS demeure dans le premier lieu dans les sondages, bien que la majorité absolue puisse s’échapper. Alors, il reste deux solutions : des appuis pour la gauche ou pour la droite. On parle beaucoup de l’appelé Bloco Central qui a gouverné Portugal de 1983 à 1985, une alliance PS-PSD comme les grandes coalitions allemandes ou autrichiennes. En 1985, on a donné une réponse de majorité absolue du PSD qui a duré une décennie.

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L’alliance à gauche requiert de l’appui du PCP ou du Bloco. Le Bloco maintient sa hausse dans toutes les élections depuis 1999, et il est prévisible qu’il surpassera les communiste lors des législatives. Le PS et le PCP ont collaboré très peu, mais le PCP entraîne le discours le plus orthodoxe des vieux partis communistes. Le BE a un discours plus rénovateur. Le résultat des législatives sera intéressant, il peut être le Rubicon des forces à gauche du PS, leur moment pour démontrer qu’ils ne sont pas seulement des partis de proteste sociale, mais qu’ils peuvent être des partis de Gouvernement, avec tout cela dont il a besoin. Pour le PS, l’alliance avec le PSD peut être plus confortable, mais il faut souligner que les citoyens portugais plus progressistes n’ont pas voté le PS pour que les social-démocrates retournent au pouvoir.

Une analyse exhaustive des élections européennes (I) : l’Espagne

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Résultats :

2009
Partido Popular : 42,2%, 23 députés

Partido Socialista Obrero Español : 38,5%, 21 députés
Izquierda Unida : 3,7%, 2 députés
Unió Progreso y Democracia : 2,9%, 1 député
Coalición por Europa : 5,12%, 2 députés
Europa de los Pueblos : 2,5%, 1 député

2004
PP : 41,2%, 24 députés
PSOE : 43,4%, 25 députés
IU : 4,15%, 2 députés
Galeusca : 5,15%, 2 députés
EdP : 2,45%, 1 député

Avec une participation légèrement supérieure aux élections européennes de 2004, de 46%, la première chose à constater c’est l’assistance minimale aux urnes. Les États-Unis ont des indices pareils dans la plupart de leurs élections, mais en Europe c’est très grave. La construction européenne se réalise avec moins de la moitié des citoyens déclarant leur opinion électorale.

En Espagne, les données doivent être analysées rigoureusement et exhaustivement pour éviter la moindre manipulation. Le Parti Socialiste a perdu les élections par 3,6 points de différence. S’agit-il de la voix de punition que l’on craint ou d’un changement du cycle électoral ? Si l’on veut voir une voix de punition il faut aller au Royaume Uni, où les laboristes ont resté dans le troisième lieu. La voix de punition est là. Si l’on veut voir des « victoires » dans les autres pays, voyons la France : 28% pour l’UMP. En Italie, 35% pour Berlusconi. Au Royaume Uni : 28% pour le Parti Conservateur. En Suède, 25% pour les Social-démocrates. Même la grande victoire social-démocrate au Danemark avec 21%. Vraiment, la victoire en pourcentage du Parti des Présumés en Espagne est plus considérable que celle des autres partis. Mais leurs victoires sont incontestables dans leurs pays.  

En Espagne, le Parti Socialiste a résisté, avec 38,5% des voix. Pour être un parti gouvernant puni lors des élections, la punition a été plutôt une tape. Si au Royaume Uni le parti Labour a resté avec 15%, en Irlande le parti Fianna Fáil avec 25%, au Portugal le PS avec 26% ou en Hollande le parti démocrate-chrétien CDA avec 20%... il reste deux visions des élections en Espagne : ou les citoyens sont plus sérieux en punissant le Gouvernement, très légèrement, avec une faible mise en garde ; ou les citoyens ne savent pas comment voter. C’est cette dernière la conclusion générale de la droite médiatique depuis 2004 pour répondre aux victoires socialistes, et moi, je garde la première, qui est plus rationnelle. 

Les punitions électorales avec les européennes ne correspondent pas après, généralement, avec les élections législatives ou présidentielles des pays membres. Il s’agit peut-être d’une touche de lucidité qui dit que l’Italie ne se consacre pas à la punition de la corruption ou le comportement berlusconien. En Espagne, surtout à Madrid ou à Valence, il ne semble pas d’avoir la même chose, ou peut-être les madrilènes et le valenciens la gardent… jusqu’à ce que leurs PS respectifs le méritent. 

Avec la corruption, il est très grave pour la démocratie qu’une grande partie de la citoyenneté renonce à la punition. Acceptent-ils la corruption ? Eh bien, pourquoi ne volent-ils pas un autre argent et pas l’argent publique ? Mais, comme j’ai déjà dit, il n’y aura aucun changement jusqu’à ce qu’il Existe un Changement.

Ainsi, le PP n’a pas eu les résultats de 1994, avec 40% face à 30% des socialistes. Malveillamment, les socialistes pensent que ces élections font taire l’opposition interne à Rajoy, et qu’une troisième candidature de Rajoy aux élections sera une nouvelle victoire socialiste. La présidente de la Communauté de Madrid, Esperanza Aguirre, demandait des résultats comme ceux du 94, d’autres personnes disaient que la grande victoire viendrait avec cinq points d’avance. 3,7 points de différence sont une victoire à la Pyrrhus, un résultat qui, comme dans les élections municipales, ne doit pas être une raison qui indique le changement du cycle. Les bonds au siège du PP ne sont qu’une exagération, un cadeau nécessaire pour les chiots de la droite, mais qui cache une grande insatisfaction.

Pour le PSOE, les élections ne sont pas un trauma. Mais on ne vaincra l’élan conservateur qu’avec des bonnes données économiques et d’emploi au futur. Il ne sert à rien non plus atteindre « les voix des nôtres ». Il faut les surpasser. Comprendre pourquoi il y a beaucoup de gens qui peuvent voter pour les conservateurs quand ils peuvent aussi voter pour les socialistes. La gauche devra offrir plus d’efficacité et d’initiative pour ce qui reste de la législature, comme Zapatero a bien offert lors du débat sur l’état de la nation.

Pour les partis minoritaires, l’IU maintient sa ligne descendante, de 4,1% lors des européennes de 2004, 3,8% lors des générales de 2008 et, maintenant, 3,7%. L’arrivée de Cayo Lara et d’une nouvelle direction contrôlée ferrement par les communistes n’a pas donné l’élan qu’ils attendaient, de croître aux dépens du PSOE en punition à cause de la crise économique. Ils perdent 60.000 voix, probablement 25.000 sont allés chez Izquierda Anticapitalista (La Gauche anticapitaliste), qui avait comme objectif recevoir les voix d’IU. Au Pays basque, son résultat est minimal : 1,8% des voix. C’est la conséquence de se vendre au nationalisme.

L'UPyD (Union Progrès et Démocratie) double son pourcentage de voix, de 1,2% lors des générales à 2,9% des européennes, il a gagné plus de cent mille voix et il a obtenu un eurodéputé. On peut imaginer que Sosa Wagner intégrera le Groupe européen des libéraux et réformateurs. De toute façon, son pouvoir électoral est encore faible, très fort à Madrid, mais très faible en Catalogne. En Catalogne, pourtant, il a surpassé Ciudadanos (Citoyens), intégré chez Libertas, qui a reçu dans toute l’Espagne à peine 23.000 voix, au dessous de l’Izquierda Anticapitalista et Por un Mundo más Justo (Pour un monde plus juste). Toutefois, c’est la troisième force dans 30 capitales de province, par devant l’Izquierda Unida.

Les nationalistes demeurent sans aucun changement dans leurs cotes minimales. La Coalición por Europa (Coalition pour l’Europe) (CEU), l’union conservatrice du nationalisme a 5% des voix, loin des résultats que CiU (Convergence et Union) et le PNV (Parti nationaliste basque) obtenaient jadis. À peine 7.000 voix éloignent le PSOE de la CEU, qui n’a surpassé les socialistes qu’à Biscaye. Europa de los Pueblos (L’Europe des Peuples) demeure aussi sans aucun changement, au Pays basque avec des résultats de 5%, au dessous des nationalistes castillans pro-abertzales de l’Iniciativa Internacionalista (L’Initiative internationaliste). En Catalogne 9%, deux points de moins, et en Galice trois point de moins, aussi avec 9%.

En définitive, l’Espagne a voté des changements minimaux et elle enverra au Parlement européen des députés européistes, démocratiques et modérés, sans des candidatures radicales ou ultras comme les autres pays européens. L’Europe gagne en Espagne.

P.-S. : Ce qui j’aime le plus des élections c’est pouvoir travailler directement pour la démocratie comme scrutateur, en aidant le bureau de vote, en observant le beau art de voter et la satisfaction de compter les voix de n’importe quelle liste.

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18 juin 2009

L’Iran : Une société qui se réveille ?

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Les événements qui sont a train d’arriver en Iran sont historiques, aussi historiques que les manifestations populaires qui ont renversé la monarchie du Shah. Les manifestations contre la fraude électorale supposée sont une chose inconnue en 30 ans de théocratie islamique. Mais pas les recours utilisés par tout régime autoritaire pour maintenir l’ordre et son pouvoir : la censure sur les médias, la restriction des « libertés » et la violence pour semer la peur. Mais la peur n’est pas dans la rue, sur laquelle on a fait couler le sang de, au moins, sept vies. La peur est installée dans le régime islamique, qui a trouvé chaussure à son pied. Chaque sang que l’on a fait couler est un raison de plus pour finir avec une dictature théocratique.

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En face d’Ahmadinejad ne se trouve pas la révolution. En face du visage dur se trouve le visage doux. En face de la faction conservatrice de l’élite dirigeante se trouve la faction réformiste. Moussavi n’est pas moins antiaméricain de discours ou pronucléaire qu’Ahmadinejad. On ne peut pas espérer des forts changements lorsque la majorité des ressorts du pouvoir et les appareils répressifs sont confiés à un dirigeant non-élu, le quasi-orwellien Leader Suprême.

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Moussavi a-t-il gagné les élections ? Et Ahmadinejad ? La sensation de la société de Téhéran (il faut voir ce qui pense le milieu rural) c’est qu’il y a eu une fraude. La réaction prise par le pouvoir : la peur déchaînée et la brutalité contre les masses, les a trahis. Il ne serve à rien un dépouillement du scrutin ordonné par une Chambre des Lords anachronique, le Conseil des gardiens. Les masses sont furieuses, ils exigent des élections honnêtes.

La légitimité de la théocratie iranienne ne tient qu’à un cheveu. Si l’on accepte les nouvelles élections, la faction réformiste peut gagner. Mais il n’y a que ça. L’existence d’un appareil antidémocratique complet détenant du pouvoir maximal, qui commence avec le leader Khamenei jusqu’à les force paramilitaires des Bassidjis en passant par le Conseil des gardiens, empêchera tout changement. Comme il est déjà passé pendant la présidence de Khatami. Quel type de démocratie existe lorsque le Chef de l’État non-électif contrôle tout et détient le droit de veto ? Une démocratie annulée ? Une dictature consommée !

Si, au contraire, on refuse une répétition des comices, arrivera-t-on à un climat révolutionnaire ? Alors, quel niveau de répression aura-t-il ? Cela nous mène à plusieurs questions, si la communauté internationale est disposée à permettre un carnage, si la société iranienne va permettre un accord entre les notables qui passe sous silence ses revendications ou comment réagiront les forces répressives.

En tout cas, la république islamique est, apparemment, dans une impasse. Le mouvement surgit ne doit pas s’arrêter dans une simple accusation de fraude. L’appareil constitutionnel de l’Iran est nuisible pour sa propre société. Même s’il veut ou s’il peut l’essayer, Moussavi ne changera rien.

L’alternative n’est pas une copie du modèle de la démocratie occidentale. C’est une autre société et une autre culture. L’Islam est l’élément adhérant d’un peuple si immense. Mais une lecture unique de la Parole de Dieu n’est pas acceptable, ni la soumission, ni la peine de mort.

C’est l’opportunité de la société iranienne de décider son avenir. Une Iran sans changement, avec Moussavi ou avec Ahmadinejad, sera la même chose, une façade démocratique qui cache une théocratie, une dictature de prêtres et de notables au nom de Dieu.

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16 juin 2009

Pourquoi l'Europe ?

Pour nous, les européens, l’Histoire a toujours tourné autour de l’Europe. L’Europe a eu un gros processus historique, elle a poursuivi une recherche de l’équilibre entre les puissances et elle a développé des grands conflits à cause de l’hégémonie économique, militaire ou idéologique. La religion et les idéologies ont joué dans le domaine de la guerre pendant beaucoup de siècles. Maintenant, l’équilibre européen doit passer par leur union.

Depuis le XIXe siècle, on a théorisé sur l’union des pays européens, comme les États-Unis d’Europe à l’imitation des États-Unis d’Amérique. Au XXe siècle, le premier ministre britannique Winston Churchill l’a défendue dans son célèbre discours de Zurich en 1946. Au XXIe siècle, le premier ministre belge Guy Verhofstadt l’a aussi défendue dans son livre Verenigde staten van Europa (Les États-Unis d'Europe).

Le débat des premiers ans de l’Europe Unie a tourné autour des positions fédéralistes et fonctionnalistes. Comment devrait être la construction européenne ? « L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes », a dit Robert Schuman dans sa déclaration de 1950.

Les thèses fonctionnalistes se sont imposées : L’Europe Unie, la CECA et la CEE dans les premières étapes, elle a été construite peu à peu et sans vouloir arriver à l’idée d’un modèle fédéral. Les traités progressifs de l’Union ont été la réussite des délais marqués de chaque étape, jusqu’arriver au Traité de Maastricht et la dénomination de l’Union européenne. Maastricht est l’avant et l’après, où est admise non seulement l’union économique, mais aussi l’union où tous les citoyens réclament leur présence et leur pouvoir de décision, et l’union politique. C’est cette dernière idée qui suscite plus d’opinions favorables et contraires.

Le processus de la construction européenne a voulu trouver des similitudes dans le processus constitutif des États-Unis d’Amérique. Mais il y a bien peu de similitudes : l’Europe est formée par plusieurs nations et d’États avec un sentiment d’identité très fort, qui viennent d’une histoire qui remonte aux romains, les invasions arabes et les guerres de religion. Cela n’est pas arrivé en Amérique, où on a presque commencé de zéro, de quelques colonies récemment indépendantes de la métropolie britannique. 

L’actuelle Union européenne ressemble plus les Treize colonies du Congrès continental, territoires regroupés dans une confédération faible et provisoires. Mais les pères de la Patrie américaine surent voir avec un bon œil que cette union était trop précaire pour survivre, et ils atteignirent à la refonder comme une union fédérale. L’union fait la force, l’État fut créé avant la nation, à l’envers qu’en Europe.

L’Union européenne semble vouloir aller par ce chemin, mais tantôt les États tantôt les citoyens se montrent réticents à faire le pas. D’abord, à cause du sentiment national, puis car les citoyens n’appuient pas un modèle bureaucratique qu’ils ressentent éloigné de leurs problèmes. Le problème que l’Union européenne affronte c’est qu’elle est vue comme une union de Gouvernements.

Peut-être la meilleure méthode pour que la citoyenneté soit impliquée passe par une prise de conscience de la réalité. Que veut le citoyen européen ? Pourquoi se sont refusés les Hollandais et les Français à la Constitution européenne ? Pourquoi les Irlandais ont dit non au Traité de Lisbonne ?

Il faut voir la signification de ces deux traités. La Constitution a été une tentative fédéraliste, faible. Le Traité de Lisbonne est une proposition fonctionnaliste, accordé par les Gouvernements européens. Les citoyens ne se sont pas vus représentés dans aucun, parce qu’ils continuent à ne pas douer l’Union d’un contenu social et participative.

Un processus d’Union européenne ne peut pas se faire, dans l’ère des masses et de la globalisation, sans la participation des citoyens. Le chemin est toujours plus l’Europe, et penser sérieusement que les Gouvernements respectifs doivent céder leurs intérêts nationaux pour les intérêts paneuropéens et douer l’Union d’institutions avec plus de compétences et de présence, vers une union fédérale irréversible.

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17 mars 2009

La dégénération : l’oligarchie et l’ochlocratie (II)

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« […] les plus illustres analystes de la nature humaine et de la politique ont toujours prévenu d’un danger pour la démocratie : l’intérêt de quelques uns d'occasionner sa dégénération vers l’ochlocratie. »

Elecciones sin debates, José Juan González Encinar

Le problème surgit lorsque la volonté générale est dénaturée ou ignorée par les représentants élus. Les personnes de l’Antiquité craignaient la dénaturation de la démocratie vers l’incarnation des intérêts d’une minorité ou vers un gouvernement de la foule. C’est l’ochlocratie. Actuellement, la démocratie peut-elle dégénérer ? Oui, elle peut.

Voyons, il existe un plus grand danger d’une dégénération de la démocratie vers l’oligarchie que vers l’ochlocratie. Même, je vois une grande correspondance entre celles-ci. Montesquieu disait que la république est menée par la vertu ; c’était la vertu qui poussait (initialement) les magistrats des polis grecs et de la res publica romaine. Elle dégénéra vers ce que l’on déjà connaît : la république romaine, aristocratique, dégénéra vers l’oligarchie faisant face à plèbe, puis vers une dictature et vers le principat des césars qui gouvernaient personnellement, au nom de la plèbe, avec un Sénat de figurants. Les césars utilisèrent la plèbe pour perpétuer un système dominé par les oligarques.

Or, après l’abolition de l’Ancien Régime, voulut-on arriver dans un système mené par la vertu ? Oui, dans une certaine mesure, inspirés par les idées des hommes illustrés. Lors de la Révolution française, on voulut gouverner pour la vertu civique, pour ainsi donner à la France des bonnes lois basées sur la Raison. Son radicalisme a un nom : Robespierre et la Terreur. L’idée qui a été de plus en plus oubliée a été celle de se guider par la vertu civique pour que les institutions de l’État accomplissent leur mission, qui était celle de garantir la liberté des individus. Le républicanisme, qu’aujourd’hui serait appelé républicanisme civique ou l’anglicisme « civicisme ».

Alors, après la période des révolutions atlantiques, l’État bourgeois se maintenait pour protéger les intérêts d’une oligarchie, avec les droits de participation restreints. À mesure que la pression de la classe ouvrière se faisait plus intense, l’État élargit la participation aux couches humbles : ainsi on arriva à la démocratie, tout le monde put participer. Théoriquement, mais, est-elle vraiment le gouvernement du peuple ? Ne sera-t-elle pas plutôt l’oligarchie bénie par les citoyens ? Alors, qui détient la souveraineté, les porteurs de jure ou les représentants de facto ? La minorité gouverne-t-elle sur la majorité, au prix de les tromper et les manipuler, dans une fusion d’oligarchie et d’ochlocratie ? C’est cela le grand mensonge ?

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24 février 2009

Vox populi vox dei

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« Considérez-vous que les citoyens sont vraiment libres et propriétaires de la souveraineté ? »

Sur la servitude : cet archaïque concept juridique, qui s'enracine depuis le déclin de l'Empire romain avec Dioclétien, liant les colons à la terre et abrogé entre les XVIIIe et XXe siècles, c’est déjà un concept dépassé et disparu.

Cependant, un autre concept peut s'appliquer pour rendre le calificatif d'"art noble" à l'exercise de la politique. Dans l’œuvre Stato, governo e società de Norberto Bobbio, je pus découvrir une citation des Lois de Platon :

« Je considère que la destruction de l’État est prompte… là où la loi est assujettie et elle n’a aucune autorité ; en revanche, là où la loi est patrone des magistrats et ceux-ci sont assujettis à elle, je vois la rédemption et les biens de toutes sortes que les dieux donnent aux États. »

Donc, s’il doit exister une servitude, celle-là doit être la servitude vers le peuple de ceux qui portent les postes publiques. Pourquoi ? Simplement, parce que le peuple et le porteur et le propriétaire intransmissible de la souveraineté. C’est lui qui crée, comme un pouvoir constituant, toutes le normes politiques pour le fonctionnement de la société avec les pouvoirs constitués. Les fonctionnaires de l’administration publique et représentants électifs, anciens magistrats, sont maintenant assujettis à la volonté générale, ses représentants. L’unique servitude étique, car elle est en faveur de la liberté.

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